Unir les forces pour s’adapter aux risques côtiers

MARC LAROUCHE

La collaboration interrégionale est primordiale dans l’élaboration de stratégies de communication adaptées, visant à atténuer l’impact des changements climatiques sur les populations côtières. C’est en partie ce qui ressort du Forum interrégional sur les risques côtiers, qui a rassemblé plus de 200 experts, élus et citoyens à Rivière-du-Loup au printemps. L’événement a permis d’aborder les défis auxquels sont confrontées les communautés maritimes du Québec.

Au cœur des discussions, les impacts humains et environnementaux des risques côtiers ont été examinés sous différents angles, incluant la santé mentale, la protection des écosystèmes, la communication des risques et les solutions fondées sur la nature. En réunissant élus, professionnels municipaux, experts en climatologie, en gestion côtière et en santé, le forum a mis en lumière la nécessité d’une coopération interrégionale pour faire face aux défis uniques des communautés maritimes du Québec.

Selon Patrick Morin, directeur général du Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent, ce forum a représenté un moment clé pour briser les silos, et favoriser une adaptation cohérente à l’échelle régionale. « Nous devons travailler ensemble pour que nos actions, à tous les niveaux, répondent à l’ampleur du défi climatique », a-t-il affirmé.

L’un des thèmes principaux portait sur l’acceptation et la compréhension des risques côtiers. Plusieurs ateliers ont abordé la nécessité de sensibiliser les citoyens et les décideurs aux conséquences des changements climatiques, et à la façon dont ceux-ci peuvent affecter leur quotidien. La communication de ces enjeux se heurte souvent à des difficultés, notamment en raison de la « fatigue informationnelle » et de l’écoanxiété, un phénomène qui touche particulièrement les jeunes adultes au Québec.

Maxime Boivin, spécialiste de la communication environnementale, a mis en avant l’importance de diversifier les médias et les approches, pour sensibiliser des publics variés. « Adapter le discours et utiliser des outils de médiation pour cibler efficacement chaque auditoire permet de mieux faire comprendre l’ampleur des enjeux côtiers », a-t-il souligné. Des initiatives comme le projet ARICO, qui propose une cartographie de l’exposition aux risques côtiers, ont été présentées comme des exemples concrets d’outils permettant de sensibiliser et d’informer les décideurs locaux et les résidents des zones à risque.

Les intervenants ont rappelé que les conséquences psychologiques des événements extrêmes, comme les tempêtes côtières, peuvent être dévastatrices pour les résidents des régions touchées. Les ateliers ont souligné que des personnes confrontées à la relocalisation ou à des pertes matérielles significatives peuvent vivre des impacts tels que l’anxiété, la dépression, et même le stress post-
traumatique.

Dre Marianne Papillon, médecin de santé publique, a expliqué que la vulnérabilité des populations côtières doit être intégrée dans les plans d’adaptation, en prenant en compte non seulement les risques physiques, mais aussi les effets psychosociaux. Elle a proposé une approche qui inclut l’accompagnement et le soutien aux personnes touchées pour réduire l’impact des changements climatiques sur leur bien-être.

Le forum a également abordé les solutions fondées sur la nature comme une alternative viable pour répondre aux enjeux climatiques. L’une de ces solutions est la préservation des milieux naturels, tels que les zones riveraines et les milieux humides, qui jouent un rôle clé dans la gestion des inondations et de l’érosion côtière.

L’érosion accrue des berges est l’un des phénomènes associés aux changements climatiques. Photo : Marc Larouche

Aider la nature

Dans un contexte de contraintes budgétaires et de résistance à l’innovation, les défis de la mise en œuvre de solutions aux risques côtiers sont nombreux. Les participants ont toutefois convenu que la végétalisation des berges, la restauration des habitats côtiers, et la renaturalisation des sites érodés sont des actions cruciales pour limiter l’impact des événements climatiques extrêmes.

« Les solutions fondées sur la nature représentent un investissement à long terme qui bénéficie non seulement à l’environnement, mais aussi à la société en général », a rappelé Joanna Eyquem. Plusieurs exemples concrets de projets régionaux ont été partagés.

Ainsi, des initiatives de restauration d’habitats, comme celle de la pointe de Moisie, ont permis d’illustrer comment le travail en collaboration avec les communautés autochtones peut enrichir les stratégies d’adaptation. Ce projet, mené conjointement par Environnement Côte-Nord et des représentants innus, montre que la conservation des sites patrimoniaux et naturels peut se réaliser en harmonie avec les besoins et les valeurs culturelles locales.

L’implication des citoyens a également été soulignée, notamment pour les actions de relocalisation, qui peuvent s’avérer difficiles à accepter. Dans cette optique, des programmes d’accompagnement pour les relocalisations préventives sont envisagés pour les zones les plus
exposées, offrant ainsi un soutien tant émotionnel que pratique aux familles concernées.

La conclusion du forum a fait émerger plusieurs pistes de collaboration interrégionale, mettant en avant l’urgence de développer des mécanismes pour partager les données, les expertises et les ressources. En misant sur des outils de gestion des risques, des stratégies de communication adaptées, et des infrastructures naturelles, les régions concernées espèrent minimiser l’impact des changements climatiques sur les populations côtières.

Pour les Conseils régionaux de l’environnement, ce forum n’est que le début d’un processus de mobilisation qui vise à impliquer tous les acteurs locaux, provinciaux et nationaux dans une démarche proactive d’adaptation. En se tournant vers l’avenir, ils espèrent que ce dialogue continuera de s’intensifier, pour aboutir à des solutions concrètes et durables face aux défis climatiques. (M.L.)

Importante saisie de drogue à La Pocatière

Une histoire digne d’une télésérie criminelle a eu lieu le jeudi 21 novembre en soirée dans la région, ce qui a mené à une saisie importante de drogue. Le tout a débuté au moment où les policiers de la Sûreté du Québec du KRTB ont reçu une information concernant une camionnette Ford F-150 noire, immatriculée en Ontario, qui aurait été liée à un dossier de vol qualifié dans le secteur d’Edmundston, au Nouveau-Brunswick. 

L’opération en sol bas-laurentien s’est ensuite enclenchée lorsque les patrouilleurs ont identifié la camionnette en question, circulant en direction ouest sur l’autoroute 20 à Notre-Dame-du-Portage. Au moment où les policiers ont tenté d’intercepter le conducteur, ce dernier a pris la poudre d’escampette, forçant les autorités à abandonner la poursuite. Cependant, quelques minutes plus tard, un témoin a contacté les policiers pour les informer qu’un individu anglophone lui avait confié un sac rempli de stupéfiants, lui demandant du même souffle de le garder jusqu’à ce qu’il vienne le récupérer plus tard.

Les policiers sont rapidement intervenus, et ont engagé une course-poursuite à pied avec le suspect. Ce dernier, Zachary-John Ellis, 25 ans, de Hannon en Ontario, a été capturé et interrogé par les enquêteurs de la Division des enquêtes sur les crimes majeurs de Rimouski. Il fait actuellement face à plusieurs accusations, notamment de fuite, de trafic de stupéfiants, et de possession de stupéfiants en vue de trafic. Il a comparu au palais de justice de Rimouski, et a été maintenu en détention en attendant sa prochaine comparution.

Suite à cet incident, trois autres témoins ont informé les policiers de la découverte de sacs de stupéfiants abandonnés en bordure de la route. En poursuivant leur enquête, les autorités ont retrouvé la camionnette F-150 noire abandonnée dans un stationnement à La Pocatière. Les trois suspects qui étaient à bord du véhicule ont ensuite pris un autobus en direction de Montréal, où ils ont été arrêtés par le Service de police de Montréal (SPVM).

Plusieurs éléments ont été saisis, dont plus de 2500 $ en argent canadien, environ 23 000 grammes de haschich et près de 18 000 grammes de cocaïne. Ces découvertes ont été rendues possibles grâce aux caméras de surveillance qui ont permis d’identifier les suspects.

Source : Sûreté du Québec